À lire cet été : Moi qui n’ai pas connu les hommes de Jacqueline Harpman (ROMAN)

Une cellule de prison souterraine.
Seules des femmes de tous âges y sont maintenues captives. À heure fixe, elles reçoivent le strict minimum de nourriture, distribuée de manière impersonnelle par des gardes masculins et muets. D’ailleurs, ces derniers ne les regardent jamais.
Elles semblent transparentes.

C’est une vie on ne peut plus normale pour notre personnage principal qui est née dans cette cellule
il y a une dizaines d’années. C’est son quotidien. Jusqu’au jour où retentit une alarme qui fait fuir les gardes, les laissant livrées à elles-mêmes.
L’angoisse, la peur, la colère et l’excitation se mêlent. La nourriture n’arrive plus : elles vont mourir de faim. Il faut sortir ! Mais pour trouver quoi ?

Voilà une belle surprise. Un roman dystopique admirablement écrit. Les personnages sont complexes et profondément attachants. On suit leur parcours avec beaucoup de curiosité et, parfois, d’introspection, car ce dont il est question ici, c’est avant tout d’humanité.
De l’importance des liens que l’on tisse les un·es avec les autres et de la force
qu’ils peuvent avoir lorsqu’ils naissent dans l’adversité.

Jacqueline Harpman était une autrice belge née en 1929. Elle était également psychanalyste. Moi qui n’ai pas connu les hommes est paru en 1995.
C’est lors de sa réédition en 2022 qu’il a connu un regain de popularité, notamment grâce aux réseaux sociaux. Le roman a souvent été comparé à La Servante écarlate
de Margaret Atwood. Pourtant, à mon sens, les deux œuvres sont très différentes.
Certes, elles abordent toutes deux la condition féminine, mais la comparaison s’arrête là : l’histoire proposée par Jacqueline Harpman va au-delà.
L’autrice a publié de nombreux romans et a reçu plusieurs distinctions,
dont le Grand Prix SGDL (Société des Gens De Lettres) de littérature pour l’ensemble
de son œuvre en 2006. Elle a poursuivi ses activités d’écrivaine et de psychanalyste
jusqu’à sa disparition, en 2012.

Je ne peux que vous conseiller la lecture de Moi qui n’ai pas connu les hommes,
dont les personnages ainsi que leurs destinées vous resteront longtemps en tête.

« Je savais pourtant bien que nous ne pouvions pas nous toucher et, comme je n’avais rien connu d’autre, je tenais cela pour évident. L’élan qui venait de m’emporter réveilla des choses confuses en moi : se donner la main, marcher en se tenant par la taille, se serrer dans les bras, ces mots étaient dans mon vocabulaire, ils désignaient des gestes que je n’avais jamais faits. »

Vous trouverez ce livre dans l’Espace Adulte (Rdc)
et tous les coups de cœur d’Émilie ici.

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About Émilie

Fan de SF, de bons p'tits thrillers et de romance depuis peu ;)   Livres fétiches : La machine à explorer le temps d'H.G Wells, La nuit des temps de René Barjavel, L'éducation de Stony Mayhall de Daryl Gregory, Geisha d'Arthur Golden ou encore Sur la route de Jack Kerouac...
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